(SO du 2/02/2012)

 

 

Par Raphaëlle Gourin

Ils défient l'eau glacée

Record de fréquentation battu pour le bain du 31 décembre, plage de Socoa à Ciboure. Pourquoi un tel engouement ? Habitués des baignades hivernales et néophytes ont chacun leur réponse.

Quelle idée ! Alors que l'on est si bien emmitouflé jusqu'aux yeux, les mains gantées, les pieds dans de bonnes chaussettes, pourquoi donc aller se mettre en maillot de bain sur la plage de Socoa, un 31 décembre sous un petit crachin frisquet et s'immerger dans une eau à 12 degrés ?

Et le comble, c'est que samedi, les heureux volontaires n'avaient jamais été si nombreux à ce rendez-vous créé voilà sept ans. L'un des instigateurs de cette provocation thermique, Michel Rouart, se souvient que la première année, ils étaient 7. Pour le cru 2011, le président du club Urkirolak, et coprésident de Eztitasuna, a compté 52 nageurs. « C'est notre meilleur score. Jusqu'ici, notre maximum, c'était il y a deux ans. Il y avait 47 personnes », sourit-il satisfait.

Question d'entraînement

« Pour la plupart des gens, le faire représente un défi personnel, poursuit-il. Entre la Croix-Rouge et les sauveteurs côtiers du club Belharra qui encadrent, c'est le moment où on peut tenter le coup de manière sécurisée. Le but n'est pas de rester longtemps à l'eau, le but c'est d'y entrer tranquillement mais d'y entrer. C'est le plus difficile. »

Après la photo souvenir de groupe pour les spectateurs, familles, amis et curieux, pressés sous des parapluies, les baigneurs se jettent à l'eau. Beaucoup n'y restent effectivement que le temps de s'immerger, avant de se précipiter au chaud sous le chapiteau monté pour l'occasion. Les bénévoles du comité des fêtes de Ciboure y distribuent gracieusement vin chaud, viennoiseries et sandwichs. En train de se rhabiller plusieurs membres du club Izurdiak (1) sont venus en voisins. Pour ces habitués des baignades hivernales, entrer dans l'eau n'a posé aucun problème. Question d'entraînement.

Fierté méritée

« Il suffit d'une belle saison qui dure une année et on se baigne jusqu'en octobre tous les jours. Et puis en novembre, on se dit qu'on va continuer, chaque jour. Petit à petit, le corps s'habitue, expliquent-ils. Finalement, nous n'avons aucun mérite. Ce sont les gens qui le font comme ça, une fois, qui en ont. Pour eux c'est vraiment difficile. »

Encore sur la plage, coiffé d'un bonnet de Père Noël, en l'honneur de sa petite-fille Jade, « née le 24 décembre », Didier dégoulinant d'eau est un pur et dur. Le Sokotar reste à papoter en maillot de bain, la peau rougie exposée aux quatre vents. Il participe depuis le début parce qu'il trouve ça « marrant » et d'ailleurs, il va « retourner à l'eau ».

Son voisin de palier Jean-Pierre, venu regarder s'avoue « impressionné ». Essayer, ça ne le tente pas vraiment. « J'ai 71 ans, et j'ai peur du choc thermique », commente-t-il. Avant de filer vers l'eau, Didier, vante les bienfaits de l'exercice. Jean-Pierre, s'esclaffe : « Alors d'accord, dans quelques années, à condition que - malheureusement - le climat continue de se réchauffer, je tente le coup. Je vous le promets. »

Pour Samuel, Bertrand et leur bande d'amis du Nord-Pas-de-Calais, c'est une autre paire de manche. « On ne s'était jamais baigné l'hiver et on voulait essayer dans un endroit où l'eau est plus chaude que chez nous », lâchent-ils frigorifiés. Verdict ? « On est assez fier d'avoir réussi mais ça reste horriblement froid. En tout cas, bravo les Basques de la part des Flamands ! »

(1) Le bain annuel du club Izurdiak aura lieu le samedi 7 janvier à midi à l'antenne d'animation de la Grande plage de Saint-Jean-de-Luz

 

 

 

 

 

 

 

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