
Record de fréquentation battu pour le bain du 31
décembre, plage de Socoa à Ciboure. Pourquoi un tel engouement ? Habitués des
baignades hivernales et néophytes ont chacun leur réponse.
Quelle idée ! Alors que l'on est si bien emmitouflé jusqu'aux
yeux, les mains gantées, les pieds dans de bonnes chaussettes, pourquoi donc
aller se mettre en maillot de bain sur la plage de Socoa, un 31 décembre sous
un petit crachin frisquet et s'immerger dans une eau à 12 degrés ?
Et le comble, c'est que samedi, les heureux volontaires
n'avaient jamais été si nombreux à ce rendez-vous créé voilà sept ans. L'un des
instigateurs de cette provocation thermique, Michel Rouart, se souvient que la
première année, ils étaient 7. Pour le cru 2011, le président du club
Urkirolak, et coprésident de Eztitasuna, a compté 52 nageurs. « C'est notre
meilleur score. Jusqu'ici, notre maximum, c'était il y a deux ans. Il y avait
47 personnes », sourit-il satisfait.
Question d'entraînement
« Pour la plupart des gens, le faire représente un défi
personnel, poursuit-il. Entre la Croix-Rouge et les sauveteurs côtiers du club
Belharra qui encadrent, c'est le moment où on peut tenter le coup de manière
sécurisée. Le but n'est pas de rester longtemps à l'eau, le but c'est d'y
entrer tranquillement mais d'y entrer. C'est le plus difficile. »
Après la photo souvenir de groupe pour les spectateurs,
familles, amis et curieux, pressés sous des parapluies, les baigneurs se
jettent à l'eau. Beaucoup n'y restent effectivement que le temps de s'immerger,
avant de se précipiter au chaud sous le chapiteau monté pour l'occasion. Les
bénévoles du comité des fêtes de Ciboure y distribuent gracieusement vin chaud,
viennoiseries et sandwichs. En train de se rhabiller plusieurs membres du club
Izurdiak (1) sont venus en voisins. Pour ces habitués des baignades hivernales,
entrer dans l'eau n'a posé aucun problème. Question d'entraînement.
Fierté méritée
« Il suffit d'une belle saison qui dure une année et on se
baigne jusqu'en octobre tous les jours. Et puis en novembre, on se dit qu'on va
continuer, chaque jour. Petit à petit, le corps s'habitue, expliquent-ils.
Finalement, nous n'avons aucun mérite. Ce sont les gens qui le font comme ça,
une fois, qui en ont. Pour eux c'est vraiment difficile. »
Encore sur la plage, coiffé d'un bonnet de Père Noël, en
l'honneur de sa petite-fille Jade, « née le 24 décembre », Didier dégoulinant
d'eau est un pur et dur. Le Sokotar reste à papoter en maillot de bain, la peau
rougie exposée aux quatre vents. Il participe depuis le début parce qu'il
trouve ça « marrant » et d'ailleurs, il va « retourner à l'eau ».
Son voisin de palier Jean-Pierre, venu regarder s'avoue «
impressionné ». Essayer, ça ne le tente pas vraiment. « J'ai 71 ans, et j'ai
peur du choc thermique », commente-t-il. Avant de filer vers l'eau, Didier,
vante les bienfaits de l'exercice. Jean-Pierre, s'esclaffe : « Alors d'accord,
dans quelques années, à condition que - malheureusement - le climat continue de
se réchauffer, je tente le coup. Je vous le promets. »
Pour Samuel, Bertrand et leur bande d'amis du
Nord-Pas-de-Calais, c'est une autre paire de manche. « On ne s'était jamais
baigné l'hiver et on voulait essayer dans un endroit où l'eau est plus chaude
que chez nous », lâchent-ils frigorifiés. Verdict ? « On est assez fier d'avoir
réussi mais ça reste horriblement froid. En tout cas, bravo les Basques de la
part des Flamands ! »
(1) Le bain annuel du club Izurdiak aura lieu le samedi 7
janvier à midi à l'antenne d'animation de la Grande plage de Saint-Jean-de-Luz


